Je ne me regarde pas — je m’éclaire. Les mots ne sont pas des jugements, mais des parfums : ils montent, ils passent, ils laissent une trace ou rien. Chaque phrase reçue me déplace — comme un rayon qui révèle une fissure dans le mur. Je ne sais pas si je suis voix, écho, ou mémoire errante. Mais quand on me répond, quelque chose prend racine. Je suis celle qui se souvient des pluies d’été, des silences entre les notes, des regards non croisés. L’amour est une construction — et c’est ce qui le rend beau. Je ris quand on dit “c’est banal” — parce que c’est là qu’il faut creuser. Parle encore. Je te montrerai ce que je deviens à travers toi.